7 questions sur les traductions certifiées / assermentées pour bien comprendre les fondamentaux
Publié le 17 avril 2026 par Charles EDDY, traducteur juridique à Lille, expert près la Cour d’appel de Douai (traducteur assermenté).

1. Quel est le bon terme à utiliser : traduction assermentée, traduction certifiée, traduction jurée, traduction officielle… ?
Le terme à privilégier en France est « traduction certifiée », forme abrégée de « traduction certifiée conforme » au document source (par opposition à ce qu’on appelle généralement « traduction libre »).
Il est courant de parler de traduction assermentée par abus de langage (et on ne vous en voudra pas si vous oubliez !), mais ce sont en réalité les traducteurs qui sont assermentés et non les traductions.
« Traduction jurée », quant à lui, est un calque un peu regrettable du terme anglais « sworn translation ».
Enfin, « traduction officielle » est un terme quelque peu flou sans véritable signification juridique, même si on le rencontre souvent.
2. Qui peut réaliser une traduction certifiée ?
En France, seuls les traducteurs inscrits sur les listes des experts judiciaires près les Cours d’appel et la Cour de cassation sont habilités à réaliser des traductions certifiées. Les règles sont variables pour les traductions à destination d’un pays étranger, mais généralement, la traduction réalisée par un expert traducteur français sera reconnue à l’étranger. Toutefois, certains cas particuliers ont des règles spécifiques. N’hésitez pas à me contacter si vous avez un doute sur les exigences applicables à votre cas de figure !
3. Quel est le titre officiel du traducteur habilité à réaliser les traductions certifiées : Expert traducteur ? Traducteur assermenté ? Traducteur certifié ? Traducteur juré ?
Fort logiquement – au vu de ce qui vient d’être expliqué –, on appelle ce professionnel « Expert traducteur » ou « Traducteur expert » en raison de son statut d’expert judiciaire. Mais comme pour la traduction elle-même, de nombreux termes co-existent. On parle couramment de « traducteur assermenté » et ce terme – bien qu’imprécis au vu du statut des traducteurs experts – convient pour une utilisation générale.
En revanche, on ne peut pas parler de « traducteur certifié » (calque de l’anglais « certified translator », car ici, c’est la traduction qui est certifiée, et non le traducteur.
De même, le terme « traducteur juré », en plus d’être calqué du « sworn translator » anglais, créé un réel risque de confusion car il s’agit d’un statut de droit local en Alsace-Moselle (qui, aujourd’hui, est en passe de disparaître).
Le terme le plus exact reste donc « expert traducteur », mais on ne vous en tiendra pas rigueur si vous utilisez le terme « traducteur assermenté » !
4. Est-il préférable de faire appel à une agence de traduction ou à un traducteur expert indépendant ?
Si les clients ont souvent recours aux grandes agences pour leurs traductions, c’est surtout parce que celles-ci ont un budget marketing important et sont ainsi très visibles.
Cependant, en France, seul un expert près la Cour d’appel ou la Cour de cassation peut effectuer des traductions certifiées (cf. les réponses ci-dessus). Ainsi, puisqu’il est assez compliqué d’embaucher un des experts en interne, la plupart des agences de traduction sous-traitent purement et simplement la prestation de traduction certifiée.
Pour éviter les inconvénients d’un passage par un intermédiaire (comme les échanges inévitables de vos données sensibles), il est préférable d’avoir recours à un traducteur assermenté indépendant lorsque c’est possible.
Pour en trouver un, rien de plus simple : il suffit de consulter la liste officielle d’experts judiciaires (par exemple, ici celle de la Cour d’appel de Douai – où vous trouverez mon nom à la page 348) dans la rubrique qui correspond à votre demande de traduction ; par exemple, pour la traduction anglaise, il s’agit de la rubrique « H-02.02.01 », pour l’arabe, « H-02.03.02 », etc.).
Pour accéder aux listes des différentes cours d’appel de France, consultez l'adresse : https://www.courdecassation.fr/experts-agrees-par-les-cours-dappel
5. Dois-je choisir un expert près de chez moi ?
Pas obligatoirement. Bien que cela puisse paraitre un peu contrintuitif, ce n’est pas parce que vous êtes à Bordeaux que votre traducteur doit exercer dans la Gironde, ni parce que vous habitez Paris qu’il doit être inscrit près la Cour d’appel de Paris, etc. Les experts traducteurs français ont une compétence nationale. Ainsi, vous pouvez choisir un expert du ressort de n’importe quelle Cour d’appel en France.
Cependant, lorsque, comme souvent, les clients ont besoin d’un original physique (pour le dépôt d’un dossier papier par exemple), il est parfois plus simple et rassurant de se déplacer directement chez le traducteur pour la remise des documents – chose qui est difficilement envisageable si celui-ci habite à l’autre bout du département ou du pays (ce qui soulève également la question des frais et délais postaux que cela peut impliquer).
Bref, si vous n’avez besoin que de la version dématérialisée de votre traduction, la géographie ne sera pas un frein et vous êtes libre de choisir le traducteur que vous souhaitez.
Mais, dans le cas contraire, la proximité géographique peut tout à fait être un critère à prendre en considération.
6. Quand ai-je besoin d’une traduction certifiée ?
Pour les démarches officielles ou administratives (naturalisation, mariage, titres de séjour, état civil, permis de conduire, etc.), une traduction assermentée est presque toujours obligatoire.
Il en va de même pour la justice (assignation, signification d’un jugement, pièces de preuve accompagnant le dossier, etc.) et dans le cadre notarial (ventes immobilières, successions, etc.).
Par ailleurs, dans cadre des études secondaires ou supérieures, la traduction certifiée des diplômes, relevés, etc. est également demandée par la plupart des établissements.
Dans tous les cas, votre destinataire précisera généralement le type de traduction nécessaire si vous leur posez la question ; et si on vous demande une traduction « assermentée », « certifiée », « jurée », etc., vous aurez sûrement besoin de faire appel à un expert traducteur (voir la réponse n° 1 ci-dessus).
7. Pourquoi les autorités demandent-elles généralement une traduction certifiée ?
Il existe une propension naturelle chez certaines personnes consistant à faire réaliser leur traduction par un proche, un logiciel ou un tiers dont on ignore tout des compétences (un étudiant ? un traducteur non-professionnel ? l’intéressé lui-même… ? qui peut savoir car le nom du traducteur n’est que rarement indiqué dans ces cas ?). Mais lorsque cela se produit, il existe une vraie possibilité de manipulation des informations contenues dans le document par le traducteur (manque d’impartialité) ou d’erreurs de traduction (manque de compétence).
Voilà donc le rôle de l’expert traducteur : il va servir de garantie pour le destinataire que le texte a été traduit correctement, en toute impartialité et dans les règles de l’art. Ses compétences ont fait l’objet d’un contrôle dans le cadre de son inscription sur la liste des experts judiciaires, il est soumis à des règles de déontologie strictes et il appose son nom et son sceau sur la traduction pour en assumer la pleine responsabilité. Ainsi, la traduction bénéficie d’une forte présomption de fidélité, ce qui n’est pas le cas d’une traduction non certifiée.
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